Mardi à Marseille, une psychiatre a écopé d’une année de prison avec sursis pour avoir commis un homicide involontaire suite au meurtre perpétré par son malade schizophrène. Ceci est une première dans l’hexagone et aura sans doute des impacts sur l’exercice du métier, a précisé la défense.
Un procès bouleversant
Ce procès a grandement touché la profession. D’après le président Fabrice Castoldi qui a rendu son délibéré, le tribunal ne juge pas la psychiatre mais un « cas d’espèce ». Dans son verdict, le tribunal correctionnel de Marseille signale plusieurs manquements établissant juridiquement des fautes caractérisées, venant de Danièle Canarellin médecin qui pratique à l’hôpital marseillais Edouard-Toulouse, dans le cadre du suivi de Joël Gaillard qui a tué à coup de hachette Germain Trabuc, le compagnon de sa grand-mère. Ce malade atteint d’une psychose schizophrénique a été jugé irresponsable pénalement.
Du côté de la psychiatre
D’autre part, les magistrats ont jugé que la psychiatre s’était juste appuyée sur ses propres convictions et non sur les faits réels. Fabrice Castoldi a précisé que l’attitude de la psychiatre a démontré un manque de discernement. Celui-ci pense également qu’à l’égard du problème énigmatique de son patient, elle aurait dû écouter ses confrères.
L’avis de Sylvain Pontier, avocat de la prévenue
Selon Sylvain Pontier avocat la psychiatre qui était absente mardi, la décision du tribunal est trop sévère et aura sûrement des impacts sur l’exercice du métier, autrement dit une prise de mesure plus drastique vis-à-vis des patients qui ne serait nécessairement pas bénéfique pour eux, mais qui aurait pour objectif de protéger le praticien. Il ajoute que considérer les faits commis par le patient de Madame Canarelli une vingtaine de jours après son départ de l’établissement est choquant, il envisage donc de faire appel. Il faut noter que l’origine de ce procès est une plainte émise par Michel Trabuc, fils de la victime. Celui-ci a également porté plainte contre l’hôpital et l’Etat, condamné pour manque de surveillance en 2009.